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![]() F/M - correspondance, 2001, Huile et fusain sur toile, 50 cm X 250 cm Ce dimanche 19 juillet 1910, j'ai dormi, je me suis réveillé, dormi, réveillé, misérable vie.
Franz Kafka, Journal "J'y songe chaque fois et, chaque fois" je me demande quand dans ma vie est apparu le "journal". Impossible de dater cette apparition, mais il me semble tout de même que ce fut très tôt, dès mes premières années d'étude, presqu'à l'âge où Kafka a commencé à l'écrire. Il ne m'a plus quitté. Ce grand livre souffrant, tragique et drôle, n'est pas de ceux qui détruisent, mais de ceux qui sauvent, qui donnent de la force. On y revient, sans cesse. Parcouru par la douleur de l'existence, il est traversé par la lumière. D'une beauté déchirante, il est transpercé par l'échec, par l'angoisse lancinante de l'échec, par le désir de solitude et par le désir de la rencontre, par la nécessité menacée d'écrire et la douleur du corps, du "désespoir que me cause mon corps et l'avenir de ce corps." (1910). "Je suis une fois de plus tiraillé à travers cette fente longue, étroite, terrible dont, à vrai dire, je ne puis triompher qu'en rêve. A l'état de veille et par la seule force de ma volonté je n'y parviendrai jamais." (5 décembre 1919). Anne Gorouben, Paris, Décembre 2005 (extrait) Toutes les traductions sont de Marthe Robert (N.d.A) |
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